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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 17:01

RETROUVEZ NOS IDEES LECTURE ICI : http://lesmondesmagiques.wix.com/librairie#!-propos3/chaj

 

Récemment et par hasard, nous avons lu Le signe de Jadis, de Kerstin Ekman, une romancière suédoise

C'est une histoire bien floue qu'elle nous raconte. Dans une forêt comme dans un conte des origines, vont et viennent des personnages d'une densité d'ombre, qui semblent prendre consistance en fonction des événements et des rencontres.

 

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Le récit est à la fois naïf et tendre, et par là, très frappant. Ce qui nous touche surtout, c'est cette façon dont les choses prennent corps, notamment par le biais des mots, du langage. Dans la forêt, les personnages sont faits et défaits, de façon presque comique parfois, par les mots : une chanson secrète mais balbutiante fait chuter le chef de tribu, un personnage se voit nommé au détour d'une phrase et se pare de ce nom, désormais véritable car donné par sa bien-aimée.

Oui, je crois que c'est ce qui nous retient dans ce livre, de voir comment ces personnages peuvent se bâtir un monde, vivable ou invivable, depuis leurs mots et leurs gestes, et malgré la risible fragilité de tous ceux-ci.

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C'est le propre de la magie que de donner lieu à des réalités, rendre réel. Et de montrer par là ce qui se passe dans le monde, que le monde est une pluralités de mondes.

Par des petites descriptions, le roman nous fait connaître des lieux différents et des personnages qui se comprennent grâce à des signes. Il nous fait voir que les ambiances, les rencontres, que nous traversons ou qui nous traversent chaque jour, ne nous atteignent souvent que de manière diffuse, imprécise, depuis de petites choses, parmi des charmes.  Ainsi, l'air de rien, c'est un livre sur la famille, sur les rencontres, et sur la bêtise aussi. Celle qui, par exemple, mène à la guerre sans que l'on sache pourquoi.

  On y voit des ordres, des ensembles de signes, des mondes advenir et mourir dès lors qu'un lien est fait entre un mot et une action. C'est ça la magie, c'est un lien entre un affect et un mot, entre un mot et un geste, c'est l'unité du verbe et de l'acte.

 

 

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Mais parce que c'est un livre magique, qui fait voir la différence entre les mondes et leur coexistence, le livre de Kerstin Ekman est aussi ce roman sur le roman, celui qui dit la possibilité des autres mondes, des autres romans. L'écrivain a écrit et fait connaître un monde de signes et de tendresse, traversé par des angoisses bien reconnaissables ; c'est une histoire parmi les autres mais qui laisse la place au fait que précisément, des histoires, il y en a d'autres, et que c'est ce qui est le plus émouvant et le plus troublant des récits.

 

 

*les aquarelles et dessins de Gérald Kerguillec illustrent cet article

 

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