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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 16:37

RETROUVEZ NOS IDEES LECTURE ICI : http://lesmondesmagiques.wix.com/librairie#!-propos3/chaj

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     De nombreuses controverses se sont élevées autour de ce livre, il faudrait aller chercher, lire autour et en parler. Nous pensons aussi qu’ il est possible de le lire sans se pencher sur elles, sans chercher à retrouver Hitler ou Staline, sans chercher à savoir si le livre combat ou encense le régime nazi. C’est un bon livre, et il dépasse les contextes. Que l’auteur soit ou non une personne respectable n’enlève rien aux qualités de l’écriture.

     J’avais essayé Le coeur aventureux, recueil de pensées et récits dont on retrouve des motifs dans Les falaises de marbre. A chaque fois j’ai été sensible à l’élégance, au tact, à l’habileté de Jünger. Mais c’est la dimension particulière, difficile à faire partager, de ce qui peut sans doute s’appeler le «style» de Jünger, que je retiens davantage. On a l’impression de voir autre chose, de voir autrement. En ce sens, avec Jünger, comme avec Gracq, par exemple, on est dans ce que la littérature a d’exigeant. Un livre se doit d’être au moins ce que Jünger réussit à faire voir à chaque phrase : un dépaysement à même les choses, à même le quotidien.  

     Avec les falaises de marbre, nous entrons dans un pays imaginaire que très vite, nous reconnaissons comme un pays mythique, en cela que les motifs développés, les paysages décrits s’inscrivent dans une ambiance de légende, une ambiance épique, qui nous est familière. Mais Jünger sait inventer des mondes au sein de l’imaginaire commun qu’il a su convoquer. L’écriture est sobre, minérale, poétique car précise dans des détails qui font instantanément signe. Aussi, les images d’Alta-plana, de la Campagna, du grand Forestier, si terrible, buveur et amateur de têtes coupées, du berger Belovar, guerrier farouche, du père Lampros, herboriste, de l’enfant Erion, maître des serpents, viennent se ficher en nous avec la puissance des évocations les plus fortes.  

     Un ami voulait offrir ce livre à quelqu’un qui ne lisait pas trop. J’ai d’abord trouvé que c’était une drôle d’idée, en raison de l’écriture particulière qui le caractérise. Pourtant c’est bien ça une écriture. En y repensant, pour faire aimer ou découvrir un peu «la lecture», c’était une très bonne idée. 

 

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