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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 10:54

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Niels Lyhne est un de ces grands romans initiatiques, philosophiques... C'est un livre sur la vie. A mes yeux rien n'y est pénible. L'écriture est très légère, très belle, et on rentre facilement dans les questions de Niels. S'il est facile de sympathiser pour cette vie étrange et simple, c'est qu'elle porte la marque de l'écart entre les aspirations et les réalisations. Nous vivons dans un bain d'images mais lesquelles nous portent ? Et sommes nous fait pour les suivre ? C'était aussi parmi les questions de Marie Grubbe, l'autre roman de Jacobsen, tout aussi excellent.

Niels Lyhne (le caractère du personnage aussi bien que l'ambiance du livre) me fait penser aux tableaux d'un autre danois, Hammershoi, à ceci près que Niels Lyhne est un homme, et qu'Hammershoi met souvent en scène des femmes. Elles sont de dos, dans des pièces grises aux murs nus et lisses, rêvant, le regard perdu dans la fenêtre, ou vers les murs, les meubles, les portes fermées auxquelles manquent une poignée qui permettrait de les ouvrir, les portes ouvertes qui donnent sur d'autres pièces grises et énigmatiques. On retrouve dans ces tableaux l'atmosphère évoquée par Jacobsen, quelque chose de très touchant, un désespoir discret.  

Avec un peu de recul, on rapprocherait volontiers Niels et Marie des héros de destins malheureux comme l'Effi Briest de Théodor Fontane. Chacun de leurs pas semblent dire "comme nous serons heureux" mais ne trouvent jamais les sentiers pour se reposer. A cause du destin dont ils sont les jouets ou à cause de leur propre présomption... Mais attention, si Marie Grubbe pourrait faire penser à Effi Briest, Niels Lyhne a plus de l"homme sans qualités et cela permet à Jacobsen de poser sur les réflexions et les gestes de ses personnages une certaine ironie, mais du côté de la tendresse et sans méchanceté, jamais. Jacobsen, est trop fin pour ça.

 

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