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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 10:30

courbet pour stifter

 

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C'est un court roman d'initiation, ou peut être une longue nouvelle qui aurait pu trouver sa place dans le recueil Les grands bois. En tout cas Stifter réussit à faire vivre ses personnages et les paysages dans lesquels ils se questionnent, grandissent, se rencontrent, avec une économie de mots très intrigante. On a l'impression de voir des chemins de montagnes, des lacs extraordinaires, de nombreuses matinées différentes, tout un nuancier de sensations vives que l'on retrouve aussi dans la peinture de l'auteur, et l'on s'aperçoit que le vocabulaire n'est jamais très riche, ni très varié. Stifter est cet auteur qui parvient à parler d'une vie possible avec une simple nouvelle, avec quelques remarques justes sur la jeunesse par exemple, et avec des phrases dans le genre de « la forêt était très belle ce matin-là » !

Il y a donc une subtilité cachée, un coup de magie qui recouvre toute son écriture, peut être est-ce un attachement à la description de moments forts de la vie et qui ne tourne jamais au pathétique, peut être que ce sont les moments auxquels, au contraire, on ne pense pas nécessairement et qui sont peut être porteurs de beaucoup de sens. Le départ du jeune homme de sa maison, par exemple, n'est pas une simple scène, on assiste au flottement qui entoure ces moments décisifs, à la ballade qui trompe l'ennui, on comprend ce qui compte dans les rapports entre le héros et son domaine. C'est peut être là son secret, s'attacher à ces moments qui sont des seuils, parler du voyage ET de ses préparatifs, de l'ennui qui précède l'aventure... faire vivre en lisant cette drôle de sensation que l'on peut connaître en errant dans la chambre de notre enfance. Ce genre de moments là.

Oui, ce que j'aime chez Stifter, c'est la simplicité, la banalité presque, qui vient toucher juste. Le vocabulaire pourrait sembler réduit, mais c'est pour le mieux. Cette lecture repose et émerveille, avec peu de moyens. Pas de bavardages, pas de paraphrases, si les arbres sont grands et leur feuillage vert, quel besoin de s'encombrer d'autres adjectifs ? Stifter se meut dans un paysage essentiel qui nous parle aussitôt, qui nous atteint avec une grande force. Les sentiments y sont également simples, au moins dans l'Homme sans postérité (le roman Brigitta, que nous aimons aussi beaucoup, paraît plus tortueux), ils se déploient dans de grands aplats, comme des couleurs très pures sur une grande toile ordinaire.

On retrouve cet éclat, cette simplicité et ce côté un peu banal dans certains des tableaux d'Adalbert Stifter qui était aussi un peintre. (Un de ses tableaux illustre notre présentation du roman de Jünger, Les falaises de Marbre, le tableau qui illustre cet article est de Courbet).  

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commentaires

snoring aids 28/04/2014 12:18

I'm impressed.The book is amazing and brilliant.Though it has clearly drawn inspiration from the Great woods it is a creative and engaging read.The author has dealt with a very serious topic all over. It was gripping and made me think