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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 10:44

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Elizabeth Goudge avait eu beaucoup de succès au milieu du 20ème siècle, puis ses livres étaient tombés dans l'oubli. Les éditions Phébus rééditent ses romans depuis quelques temps. Cette romancière avait beaucoup écrit pour les enfants, et cela se sent, même dans les ouvrages destinés aux adultes.

 

Champ-d-avoines-vertes-Vallotton.jpg

 L'arche dans la tempête m'a fait l'effet d'un beau conte, dans lequel il est agréable de se plonger. Le récit se déroule sur une île anglo-normande, et raconte l'histoire d'une famille de fermiers très unis malgré les divers rebondissements qui vont les ébranler. L'écriture d'Elizabeth Goudge possède un charme fou, et si elle verse parfois dans l'eau de rose, cela n'affecte en rien la force de ce livre, bien au contraire. Comme une conteuse, ou comme une romancière anglaise, elle sait nous attacher à des personnages à la fois pittoresques et un peu forcés, et nous plonger dans leur univers. Car dans L'arche dans la tempête, les ambiances et les atmosphères de l'île, les paysages, les vents, les ruisseaux sont aussi importants que les membres de la petite famille, et tout vibre à l'unisson. Elisabeth Goudge a une qualité particulière qui gagne l'adhésion du lecteur, même dans des romans moins réussis que celui-ci : elle aborde la nature avec une poésie rare, et sait parler des sous-bois, des grandes herbes, des fleurs, des falaises.

On est jamais loin du roman « cucul » si l'on peut dire. Mais on y est pas du tout. Je suis impressionné quand les éléments d'un livre semblent « dangereux », lorsqu'on risque de tomber dans la vulgarité, la grossièreté du trait ou dans des sentiments exagerés mais que cela n'arrive pas. Ici, l'intrigue familiale mêlée à l'appréhension délicate des éléments, l'attention portée aux rythmes des saisons servent une histoire dont la force de fascination relève de celle des destins froissés des romans de Thomas Hardy. Ce n'est pas une petit conte tout rose et indigeste mais une grande vague tendre et enivrante.

 

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commentaires

j 27/09/2016 18:40

Elizabeth Goudge a en effet un style qui lui est propre, enchanteur, personnel, ce qui est la marque d'une véritable écrivain. Personnellement, j'ai bien du mal à la lire, mais quand j'en paie le prix (un chapitre par jour), je me sens récompensé ; pour l'instant, mon préféré, car il est très littéraire, est La Cité des cloches, qui m'a fait entrevoir un autre univers...Ses personnages sont extrêmement attachants (enfants, révolté(e)s ou vieillards), même avec des défauts terribles, ils ont soif d'absolu...Non, ce ne sont pas des livres désuets, ce sont des bons "classiques" à lire et à transmettre aux jeunes générations...s'ils parviennent jusqu'à eux, et si elles (les nouvelles générations) parviennent à la lire !