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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 14:49

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Fenoglio est un écrivain qui mérite d'être lu, peut être qu'on l'a un peu oublié. Il fait vivre dans ses livres tout un monde, celui de la "malora", du mauvais sort qui est le lot de ses personnages, étouffés sous le poids de la société et celui de leurs espoirs.

Dans La paie du samedi soir, Ettore, un jeune italien, a du mal à reprendre contact avec le monde dans lequel il a grandi. Pendant la guerre, il a été résistant, et s'est battu. Le retour à sa condition de travailleur pauvre, qui doit construire une situation, se marier, satisfaire sa famille, est difficile. Ce livre nous montre la misère en Italie, avec une couleur et un ton qui rappellent les cinéastes du nouveau-réalisme. Mais c'est aussi une histoire qui nous concerne au-delà du contexte historique. Fenoglio décrit en fait le sentiment d'inadaptation, d'absurde qui peut nous saisir face à ce qui pèse sur nos épaules, face à ce qui est attendu de nous, par nos proches, par la société, par nous-même. Ici, ce sentiment est exacerbé et saisit Ettore à la gorge : il est trop difficile de tomber dans un monde vide de sens lorsqu'on a combattu pour une cause qui semblait la bonne, et lorsqu'on a cru trouver sa place. 

L'écriture de Beppe Fenoglio est sèche et rapide, très efficace. Le texte comporte de nombreux dialogues d'une grande vivacité qui font saisir les ressorts des comportements sans paraître y toucher. La sobriété du style fait paraître plus forts encore l'absurde et l'ironie du monde dans lequel se débat Ettore.

 

On dirait toujours un tableau : les champs, la place du village, la chaleur. Des scènes de genre, histoires de mariage et de succession, mais quelle ambiance ! C'est si bien écrit. Et puis c'est un tableau fascinant, celui d'une génération perdue, qui s'est battue et qui est abandonnée, qui ne sait pas quoi faire de la fin des troubles. Entre deux temps, le travail aux champs ou les petits traffics, rien ne convient à Ettore, et on le comprend. Il faut inventer un nouvel héroïsme, une aventure du quotidien avec le lot d'illusions que cela suppose.

C'est un très bon livre, qui se lit très vite, mais heureusement il y a les autres romans et nouvelles de Fenoglio : La permission, Le mauvais sort... 

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